Il est jeune, avec son sourire de jeune premier, il a tout pour réussir. Quel bel objet marketing ! Qui n'a pas entendu du "dernier prodige" de la littérature, Joël Dicker ?
Après Les Derniers Jours de nos Pères, on nous a promis monts et merveilles pour ce second roman, La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert : "une petite bombe venue de Suisse" (L'Express, 30/11/2012), "un roman complexe, foisonnant, ambitieux" (Le Figaro-Livres, 15/11/2012)...
On trouve toutefois Raphaëlle Leyris, du Monde, pour tempérer cette euphorie : "Un grand roman américain venu de Suisse", s'écrient ses admirateurs ? Disons un honnête polar, dont la présence sur les listes automnales est un mystère plus épais que celui qui nourrit son intrigue. (Le Monde, 07/11/2012)
Le double médaillé de cette fin d'année a tout du bon roman de vacances, celui qu'on aime avaler goulûment en sirotant un cocktail ou un chocolat chaud (au choix). Ce roman est habilement construit et l'on se laisse embarquer avec complaisance dans le thriller : Marcus Golman, jeune écrivain en panne d'inspiration, se transforme en détective, lorsque son maître es écriture, Harry Quebert, est accusé de meurtre.
Mais l'on déchante rapidement dès lors que l'on tombe sur les extraits du roman, soit-disant à succès, du maître Harry qui laissent un gout écoeurant de guimauve : "Des gens croient qu'ils s'aiment, alors ils se marient. Et puis, un jour, ils découvrent l'amour, sans même le vouloir, sans s'en rendre compte. Et ils se le prennent en pleine gueule."
700 pages de cette écriture plate, émaillées par ces interludes niais : c'est long.
L'auteur surfe volontiers sur l'engouement actuel pour le monde des écrivains à succès ; et pour preuve la première phrase du prologue : "Tout le monde parlait du livre". Il aura réussi son coup d'inception, même auprès de l'Académie Française...
---


